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Discours sur l'instruction scolaire à domicile.

La liberté d’instruction est une richesse, elle représente une chance pour celles et ceux qui ne seraient pas totalement formatés pour rentrer dans une méthode ou un environnement donnés.

Monsieur le Directeur du Centre européen pour le Droit et la Justice, 

Mesdames, Messieurs, Chers parents, chers enfants

 

Actuellement à l’Assemblée nationale le texte sur les principes républicains est examiné en première lecture et je vous remercie de me permettre de partager avec vous mes convictions, même si je ne pouvais être là physiquement à vos côtés, et je vous prie de m’en excuser.

J’ai été en tant que parlementaire destinataire de nombreux témoignages, de parents et d’enfants, et j’en ai recueilli également à ma permanence.

Votre mobilisation depuis plusieurs semaines témoigne que vous êtes profondément heurtés que l’on remette en cause un principe fondamental : celui de la liberté d’instruction.

Est-il en effet admissible de revenir sur la loi Ferry qui a marqué notre République ?

Elle visait à plus d’égalité, à démocratiser l’accès au savoir, elle incarnait un souffle de liberté : celle de choisir son avenir. Ne revenons pas sur ce principe. La liberté d’instruction est une richesse, elle représente une chance pour celles et ceux qui ne seraient pas totalement formatés pour rentrer dans une méthode ou un environnement donnés ; elle incarne la liberté pour celles et ceux qui ont des rêves ou un projet qui n’entrent pas en adéquation avec le temps parfois trop rigide de l’école. Revenir sur la liberté d’instruction, alors même que l’école souffre de pertes importantes de moyens, est pour le moins très malvenu.

Revenir sur cette liberté alors que l’Etat au travers de l’Etat d’urgence sanitaire prive les citoyens de leurs libertés fondamentales et impose aux enfants et aux parents des règles sanitaires disproportionnées n’est pas admissible.

Le gouvernement prétend, avec cette disposition, résoudre un problème qui ne peut se résumer au seul fait de revenir sur une liberté acquise depuis 140 ans. Il a infusé, depuis de nombreux mois, l’idée que l’instruction en famille serait responsable du détournement et de l’éloignement de certains jeunes vis à vis

des principes de notre République. Je tenais à rappeler devant vous qu’aucun lien n’a pu être établi entre l’instruction en famille et le séparatisme, et si le gouvernement suit ce chemin, c’est une erreur

Alors oui, l’instruction à domicile ne concerne que 0,5% des enfants, mais tous pourraient avoir besoin de cette liberté à un moment de leur scolarité. Elle nous concerne tous.

Condamnez ainsi des familles entières à se conformer à un modèle, risque d’être profondément délétère pour l’éducation des enfants. Revenir sur cette liberté, c’est déclarer que le respect et que les piliers qui constituent notre République ne peuvent et ne doivent qu’être inculqués au sein de l’école.

Le gouvernement ne doit pas remettre en cause votre choix, vous les parents qui connaissez mieux que quiconque vos enfants ?

Vous pouvez compter sur moi pour défendre l’IEF à vos côtés. Je vous remercie.

Martine Wonner