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L’ode à la vie — pour que 2021 puisse nous permettre de retrouver l’espoir et la renaissance de notre démocratie

Notre jeunesse saura reconnaître celles et ceux qui ont, par leurs décisions inexcusables, mis en péril leur futur. Mais je sais que plus que jamais l’épreuve qu’ils sont en train de passer depuis ce mois de mars 2020 apportera au côté de leur esprit de résilience, un esprit de résistance et de reconstruction de l’avenir.

2021 sera l’année du renouveau d’une jeunesse conquérante.

Personne ne pourra nier que cette année 2020 fut pour nous tous particulière.

Elle le fut plus particulièrement pour celles et ceux qui, trop souvent, devinrent les victimes collatérales de décisions prises « d’en haut », sans réelle analyse d’impact.

En premier lieu, je pense à la jeunesse de France. Cette jeunesse qui vibre, cette jeunesse qui rêve. Cette jeunesse que l’on a étouffé pendant des mois, économiquement, socialement, culturellement et épuisé psychologiquement.

Notre jeunesse saura reconnaître celles et ceux qui ont, par leurs décisions inexcusables, mis en péril leur futur. Mais je sais que plus que jamais l’épreuve qu’ils sont en train de passer depuis ce mois de mars 2020 apportera au côté de leur esprit de résilience, un esprit de résistance et de reconstruction de l’avenir.

Connaissons-nous exactement le nombre d’étudiants décrocheurs cette année ? Connaissons-nous exactement l’état de l’Université en France ?

La triste vérité est que la seule chose qui a intéressé le Gouvernement ces derniers mois, c’était de délictualiser le blocage des universités, pour bâillonner leur parole et leurs libertés de penser. Entreprise ratée, le Conseil constitutionnel ayant dans un élan de lucidité décidé de censurer cette disposition. Mais il fallait oser !

L’urgence va être de n’ignorer aucun jeune, parmi lesquels celles et ceux des classes dites « moyennes » qui ont parfois perdu leur emploi de par la gestion de la crise sanitaire, et qui se retrouvent en dehors de tous les radars.

Nous devons appuyer notre jeunesse, dès maintenant, par un véritable plan d’aide financière et un retour dans les écoles et universités. Ce plan Marshall de l’éducation doit être déclenché dès maintenant : les effets délétères du confinement et de la distanciation éducative sont sans commune mesure chez les jeunes.

2021 sera l’année d’une démocratie réaffirmée.

Depuis le mois de mars 2020, les Françaises et les Français vivent dans un État d’urgence permanent. Annoncé comme simplement sanitaire, il est en réalité devenu un État d’urgence sécuritaire parmi les plus instables au monde.

Pouvons-nous continuer sur cette voie ? Assurément, non. Nous devons reprendre le chemin de la démocratie, celle des choix collectifs, partagés par l’ensemble de la population. Celle d’une action publique guidée par un véritable consensus, sans jamais accepter de mettre en balance nos libertés fondamentales.

Depuis des mois notre Parlement est abaissé, contourné, instrumentalisé, dénigré par un Gouvernement omnipotent jouant sur la peur des uns et la résignation des autres.

2021 devra être l’année d’un parlementarisme renforcé, afin que plus jamais ne soient imposées des restrictions disproportionnées aux Françaises et Français sans une véritable phase d’évaluation bénéfices-risques. Car jamais les décisions prises dans le cadre de cette crise sanitaire n’ont fait l’objet d’une analyse transversale sanitaire, économique et sociale

Il n’est plus acceptable que le Parlement soit sommé d’acquiescer des mesures décidées en comité restreint en Conseil de défense, sans aucune concertation préalable et sans aucune transparence. Nos institutions sont contournées au risque de ne plus jamais retrouver la voie de la démocratie.

2021 ne pourra plus être l’année où les citoyens se soumettent à des mesures contradictoires et incompréhensibles sur la base d’informations sanitaires et politiques floues, quand elles ne répondent pas à des impératifs de communication.

2021 devra être l’année de la confiance et non l’année de la défiance.

Chaque jour sur les territoires, les Françaises et les Français font part de leur profonde détresse et de leur incompréhension.

Comment pouvons-nous accepter que les lieux de socialisation, de culture et de convivialité soient fermés depuis plus d’un an ? Comment pouvons-nous accepter de voir le peuple français à ce point contraint ?

Je l’avais indiqué au mois d’avril 2020 : les générations futures regardent le Gouvernement et le tiendront pour responsable d’avoir, texte après texte, enfreint les principes constitutionnels et les valeurs de notre démocratie. D’avoir étape après étape fait naître de la défiance là où plus que jamais les Françaises et les Français avaient besoin de confiance. La Défenseure des droits l’a, à de multiples reprises, souligné : l’exception ne saurait et ne doit pas devenir la règle — il en va de notre démocratie.

Osons choisir une autre voie ! Notre démocratie se porte mal, elle est fatiguée, empêchée dans sa réalisation. La démocratie ce ne sont pas que les urnes, ce sont aussi les mobilisations étudiantes, les échanges d’idées, les débats, les rencontres entre les populations…

Amnesty international dans son rapport publié le 29 septembre 2020 dénonce explicitement l’attitude des autorités vis-à-vis du droit de manifestation : le droit de se réunir pacifiquement est désormais anémié en raison des politiques menées par le Gouvernement. Entre confinement et couvre-feu, il est devenu difficile de s’exprimer dans la rue en France, ajoutant au climat anxiogène et culpabilisant un certain fatalisme.

Un effet dissuasif s’est installé.

Toutes les lois et mesures liberticides prises depuis mars doivent être abrogées. N’attendons pas d’espérer un « lendemain meilleur » les virus ont toujours existé — Osons vivre aujourd’hui. Osons vivre 2021